Émotion positive ou négative?
Intrusion de préceptes moraux dans nos actions quotidiennes, le processus de culpabilisation agit à la fois comme garde-fou salvateur et comme vecteur de stress.
Indicateur de bonne conduite, le sentiment de culpabilité a le mérite de nous rappeler à l'ordre en cas de dérapage comportemental. Agressivité, égoïsme, médisance, paresse, hypocrisie... nombreuses sont en effet les occasions de faire entorse à l'attitude droite et professionnelle que vous souhaiteriez toujours avoir au sein de l'entreprise.
Génératrice d'anxiété, la culpabilisation peut néanmoins s'avérer nocive. Insomnies, maux d'estomac et autres migraines traduisent bien souvent le mal-être qu'elle engendre.
Selon certaines études, elle concernerait davantage les femmes, plus sensibles au regard de l'autre et sujettes au manque de confiance en soi.
Un mécanisme bien rodé
Cette petite voix qui nous assaille à chaque (mauvais) pas répond à une logique quasiment immuable:
Une impulsion profonde nous pousse tout d'abord à agir: "Je suis bien décidée à dire ce que je pense à David, le responsable du contrôle de gestion, qui me fait subir trop de pression"; "Je vais poser trois semaines de congés d'affilée, que mon chef soit d'accord ou non."
Une forme d'inhibition mentale, intériorisée depuis l'enfance, nous incite alors à plus de retenue: "Ai-je le droit de me faire plaisir?"; "La colère me nuira et blessera l'autre"... Ces interdits se révèlent d'autant plus franchissables que la confiance en soi peine à s'exprimer.
Le triomphe du "surmoi" sur le "ça" met un terme au dilemme: la morale reprend ses droits et laisse libre cours au sentiment de culpabilité.
Lutter contre la culpabilisation
Processus bien connu des psychologues, la culpabilisation n'est pourtant pas une fatalité! Pour la contrer, apprenez à:
Doper votre confiance en vous : l'estime de soi s'avère en effet l'une des plus efficaces parades à l'irruption du sentiment de culpabilité, dont le manque d'assurance constitue le meilleur des terreaux.
Dire non : savoir refuser, c'est aussi parvenir à vous affirmer contre toute tentative d'envahissement.
Ignorer le qu'en dira-t-on : concentrez-vous sur vos propres principes plutôt que sur le jugement des autres. Vous y trouverez l'antidote à la culpabilisation.
Vous faire plaisir : alors que le sentiment de culpabilité vous paralyse, la réalisation de vos désirs vous confère dynamisme et joie de vivre.
Être indulgent avec vous-même : il est souvent aisé de s'autocritiquer, notamment lorsqu'on estime ne pas avoir atteint son objectif. Mais à forte dose, cette exigence risque de générer des effets négatifs.
Éviter les comparaisons : il est vain de confronter systématiquement son travail et ses compétences à ceux des autres. Il n'en ressort que frustration et... culpabilisation.
Être moins "gentil" : vous avez tendance à vous effacer et à taire vos désirs de peur de froisser les autres? Une seule solution: s'affirmer sans craindre de déplaire.
Vous accepter : parce que la perfection n'est pas de ce monde, mieux vaut faire preuve de bienveillance envers vous-même et assumer vos défauts comme vos qualités. Vous n'en serez que plus résistant au sentiment de culpabilité.