Bien choisir sa formation
Selon une récente enquête conduite par la Demos, les domaines les plus demandés en DIF sont les langues, la bureautique, le management et surtout le développement personnel. Une preuve que le salarié aspire à améliorer son employabilité au sein de son entreprise mais également à s'y sentir mieux. De bonnes résolutions, une vague envie de se rendre plus efficace ne suffisent cependant pas. Il faut bien cibler le domaine dans lequel on souhaite s'améliorer sinon gare à la déception. "Il est important de bien définir ses besoins a priori", témoigne Anne Le Brun, responsable formation dans une grande banque: "Car un DIF est un engagement en terme de temps qui n'est pas négligeable". Les entretiens individuels menés avec l'employeur peuvent ainsi être de bons outils pour connaître ses propres besoins mais également ceux de l'entreprise.
Les grands groupes de formation envoient pour leur part des questionnaires et mettent à la disposition du demandeur des conseillers pour permettre de bien choisir sa formation. Quant aux plus petits organismes, ils savent le plus souvent adapter leur offre pour faire du "sur-mesure". Ainsi ne faut-il pas hésiter à questionner le service formation de son entreprise ou prendre le temps de rencontrer l'organisme choisi, voire le formateur lui-même. Et ne pas perdre de vue que "la vérité est individuelle", comme le souligne Jacques Bahry, président de l'organisme de formation le CESI. Il ne faut pas non plus oublier quelles sont les priorités du plan de formation de l'entreprise. Le DIF ne doit pas être redondant avec ces plans très souvent axés sur les coeurs de métier. Un petit coup d'oeil sur les actions définies comme prioritaires dans les accords de branche doit permettre d'éviter les doublons.
Le DIF, oui... mais pour quoi faire?
Une fois ces recherches préalables terminées, le salarié devra être capable de choisir, dans chaque grande famille de formations DIF, celle qui pourra répondre à ses aspirations. Ainsi les problèmes de temps et de stress peuvent trouver des réponses dans des modules relatifs à l'organisation du travail, à la hiérarchie des priorités qui permettent de se sentir mieux lors de l'affectation à un nouveau poste ou à la suite de nouvelles tâches demandées par l'employeur. Des formations à la bureautique ne sont pas non plus à exclure. Il faut être à l'aise avec les outils informatiques pour être performant. Or les entreprises se sont souvent reposées sur des formations dispensées par les fournisseurs de logiciels, rapides et pas toujours très claires. Celles-ci ont laissé beaucoup de salariés au bord de la route.
Si le salarié vise un poste de cadre, les formations au management semblent indiquées mais il peut également choisir un module dédié à l'expression orale en public ou un autre consacré à l'affirmation personnelle de soi, l'assertivness selon la terminologie anglo-saxonne.
Enfin le salarié peut vouloir réorienter sa vie professionnelle ou rechercher une formation diplômante. "Un comptable peut demander une formation dans un domaine un peu connexe comme les ressources humaines pour regarder ce qui se passe ailleurs", suggère ainsi Brigitte Legrand, responsable des formations de développement personnel chez Demos. Le DIF peut alors être l'occasion d'une "première découverte" et rien n'interdit ensuite le salarié de coupler son droit à la formation à une période de professionnalisation même s'il s'engage là dans une démarche plus longue.
Performance, efficacité: oser en parler
Vouloir s'améliorer, voilà qui est louable en soi mais n'est-ce pas avouer à son employeur ses lacunes et carences? Cette question, bon nombre de salariés se la posent au moment d'envisager ce type de formation. "Globalement le fait que je fasse moi-même cette démarche est une qualité perçue positivement par les employeurs", rectifie Jean- Louis Muller, consultant à la Cegos. Cela montre que le salarié sait se prendre en mains: "Il faut arriver à demander les choses en termes positifs: ‘Je veux développer ma compétence et ainsi améliorer la productivité de l'entreprise...' Il ne faut pas que la demande ressemble à une plainte ». « Qui ne demande rien n'a rien", ajoute le consultant. Aujourd'hui, la philosophie des nouveaux parcours professionnels pourrait, selon lui, être contenu dans cet adage: "Aide toi toi-même à faire ta propre carrière". Un changement du contrat social entre employeurs et employés qui ne semble pas encore être tout à fait rentré dans les mentalités. "Côté formation, ça n'est pas forcément dans la culture des Français de se prendre en main", observe Anne Le Brun qui insiste également sur l'important "travail de réflexion" induit par la projection à 5 ou 10 ans, de son projet professionnel dans ou en dehors de son entreprise.