Si les entreprises en panne de talents multiplient les méthodes d'approche des candidats, vos efforts ne seront pas toujours couronnés de succès. De quoi sérieusement se mettre à douter de ses capacités! Comment ne pas passer entre les mailles du filet?
Un piège à déjouer: le tri sélectif!
"Si les techniques de recrutement évoluent, les méthodes de sélection n'ont quant à elles pratiquement pas bougé", souligne Hervé Bommelaer, consultant chez BPI. Il s'agit toujours pour le candidat d'être repéré grâce à son CV ou sa lettre de motivation. Toutefois, la multiplication des offres transitant par Internet nécessite d'en revoir la présentation. Un détour sur le site de Jobetic qui propose aux postulants de tester leur CV est à ce titre édifiant! Vous croyez avoir bien fait ressortir les caractéristiques essentielles de votre parcours professionnel? Les robots triant des CV vous renvoient l'image d'un cheminement brouillon. "Pour gagner de la place sur mon CV, j'avais écrit: 'anglais, allemand: niveau courant'", explique Sabine, assistante de direction. "La machine" a passé le niveau de la candidate dans la langue de Shakespeare à la trappe, laissant supposer aux employeurs qu'elle n'était pas capable de se débrouiller dans ce domaine vital ! Forte de cette expérience, Sabine a rectifié le tir; mais il est bon de tirer une leçon de cette expérience: si votre CV est analysé sur papier, le même résumé drastique produira le même effet! L'ajout d'un niveau TOIEC, TOEFL iBT, Cambridge ESOL... est indispensable dans un cas comme dans l'autre pour permettre au robot (ou au pré-sélectionneur) d'évaluer réellement votre niveau.
Des clés dictées par le bon sens
Si la présentation joue un rôle très important, "il faut surtout veiller à mettre dans son CV les mots clés que les recruteurs s'attendent à trouver", indique Claude Monnier, DRH Monster France & Europe du sud. Ces mots ne seront pas les mêmes selon les secteurs d'activité: un informaticien doit bien insister sur sa connaissance de tel ou tel langage, surtout si ces derniers sont exigés dans l'annonce. Une assistante devra pour sa part souligner ses compétences en bureautique. "De plus en plus, on passe d'une logique à une autre: le CV n'est plus uniquement un empilement d'expériences professionnelles dans telle ou telle société. Il doit plutôt décrire les compétences clés", rappelle Isabelle d'Humières, coach en gestion de carrière. Dans le même ordre d'idées, n'hésitez pas non plus à laisser plusieurs CV sur chaque CVthèque mettant en lumière vos différentes facettes, vous multipliez ainsi vos chances d'être contacté...
Des conseils pour passer du virtuel au réel
Plusieurs situations peuvent conduire un candidat à déposer un CV en ligne: soit pour répondre à une offre (dans ce cas, le CV ou les réponses au formulaire en ligne s'adapteront à l'offre), soit il s'agit d'une démarche spontanée sur le site d'une entreprise ou un Jobboard. Sur ce sujet, Claude Monnier apporte une information de taille: "Ne pas répondre à une question n'a en réalité aucun impact pour l'employeur. Ce dernier recherche plus l'adéquation entre les questions posées et les réponses fournies. Ce sont les réponses qui sont importantes et non le fait d'avoir répondu partout". Sauf bien entendu si on saute plusieurs cases... Toutefois ces techniques laissent en réalité peu de chances aux candidats aux profils atypiques! Comment remettre de la cohérence quand on a enchaîné des missions diversifiées? "Je me souviens de l'expérience d'une chargée de communication. Ayant travaillé pour plusieurs entreprises à la fois dans des domaines d'activités divers, elle ne pouvait pas rentrer dans le moule de ces CV. Dans ces cas-là, il y a deux solutions: soit on ne retient qu'une partie de son expérience pour ne pas brouiller les pistes, soit on oublie les CVthèques et on préfère les candidatures spontanées, envoyées par courrier ou par mail en soignant particulièrement sa lettre de motivation", conseille Isabelle d'Humières.
Un moyen pour sortir de l'anonymat
Autre solution tant pour les candidats "classiques" qu'"atypiques": soigner ses relations (les amis de mes amis sont mes amis). "À condition de ne pas être uniquement dans la demande. Une personne n'acceptera de vous recommander que si vous êtes porteur d'un projet précis", rappelle Isabelle d'Humières. On peut également essayer de se rendre visible sur Internet. Nombre de recruteurs n'hésitent plus à taper le nom des candidats sur Google pour obtenir des informations complémentaires. "Mais il ne suffit pas d'être membre d'un réseau virtuel ou d'avoir un blog pour attirer l'attention sur soi. Sur Viadeo, par exemple, il existe une fonctionnalité qui permet au candidat d'être référencé sur Google. Et quand vous tapez un mot-clé sur le moteur de recherche de ces sites, c'est souvent le nom des membres qui ont le plus de contacts virtuels ou tout simplement les internautes à jour de leurs cotisations qui peuvent apparaître", illustre Hervé Bommelaer, pour qui ces instruments ne constituent pas des remèdes miracles... Pire encore: ils peuvent même se révéler contre-productifs si par exemple, les membres de ces réseaux laissent traîner des informations personnelles susceptibles de déplaire aux recruteurs, y compris sur les sites anodins d'anciens élèves ou collègues...
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